Une ville fantôme et le plus français des villages


Christchurch, Banks Peninsula, 5-6/4.
C’est sous une météo bien maussade qu’on a fait notre arrivée en Nouvelle-Zélande. Débarquant vers 23h, on a passé la nuit tout près de l’aéroport dans un camping qui propose des “cabins“, sorte de baraques de chantier… ou de jardin… ou de pêcheur, enfin 4 planches de bois aggloméré avec un toit ne faisant pas plus de 9m2 ! L’endroit n’avait pas plus d’intérêt que d’être à 45 min à pied de l’agence Spaceships pour récupérer notre “hébergement roulant“ le lendemain matin.



Après nos 3 semaines en Australie dans notre campervan super confort, on avait hâte de découvrir notre nouvel engin. Ben, c’est pas du tout la même chose !!! Il y a 2 niveaux de “spaceship“ et on a pris le plus haut (bah oui) qui se distingue de son petit frère par des véhicules plus récents, disposant d’un mini écran LCD avec lecteur DVD et pouvant être équipé de 2 auvents, l’un complétement fermé à l’arrière et l’autre sur le côté. Notre Morpheus (toutes les voitures ont un petit nom de l’espace : Commander Codi, Kenobi, Spacenet…) est un “récent“ monospace Toyota Estima… de 2003 et totalisant 260.000 bornes ! On ne doit pas avoir la même notion de “récence“ en NZ ! Et vu les autocollants et les consignes en Japonais, nul doute que la voiture a déjà eu une première vie au pays du Soleil Levant et a été ensuite importée comme des milliers d’autres véhicules d’occasion qu’on peut trouver en NZ.
Au moment de faire le (petit) tour du propriétaire, je vois Adèle un peu sceptique sur l’espace disponible et dès que la jeune fille nous montre le frigo, je commence à lire la panique sur son visage !! Il faut dire que le réfrigérateur n’est pas plus grand qu’une boîte à gant et qu’il est tout à fait impensable d’y loger une bouteille de vin dans le sens de la hauteur !!! C’est au moment de découvrir la “cuisine“ que j’ai totalement perdu Adèle mais c’est vrai que le réchaud portatif à gaz avec 2 feux faisait un peu minable en comparaison de la cuisine équipée qu’on avait en Australie. « Et pour le réservoir d’eau ? ». Il y a un jerricane de 15 litres équipé d’un “pousse-mousse“ derrière le fauteuil passager… On fait du camping ou on n’en fait pas ! Allez c’est parti…


C’est sous un ciel gris et une bruine qui tombe par intermittence qu’on découvre Christchurch. On a un peu de mal à trouver le centre, pourtant le GPS de l’iPhone nous indique que nous sommes tout près, à quelques centaines de mètres seulement de Cathedral Square. On se gare dans High Street mais il n’y a presque personne dans les rues. On s’approche de la fameuse Cathédrale consacrée en 1881 et on découvre avec stupeur que sa flèche s’est totalement écroulée et le reste est soutenu par un échafaudage de poutres métalliques. C’est à ce moment qu’on se rappelle un reportage des Nouveaux Explorateurs vu sur Canal+ et que la ville a été frappée par un violent tremblement de terre le 21 février 2011. Prenant conscience de la tragédie, on regarde autour de nous et on comprend mieux les palissades et les grilles de chantier de (re)construction et les “trous“ laissés par les immeubles manquants. En passant devant les vitrines d’un Starbucks et d’un Foot Locker, on zieute à l’intérieur pour apercevoir des locaux dévastés et abandonnés par les clients comme si le séisme avait eu lieu hier !



On entame le walking tour de 5 km proposé par le Lonely mais il sera vite expédié compte tenu que la plupart des bâtiments est fermée pour cause de travaux. Victoria Square est désert et la statue du capitaine James Cook se sent bien seule au milieu du parc arboré dont les feuillages arborent déjà les couleurs de l’automne.


Seule New Regent Street, une rue piétonne bordée par des petits bâtiments d’architecture espagnole avec des façades colorées, semblent avoir été épargnée, à moins qu’elle n’ait été déjà rénovée ? En tout cas, on s’étonne de l’absence de monde en ce samedi après-midi. Est-ce la météo chagrinante ou est-ce que tout le monde a fuit le centre ville ? Même le vieux tramway touristique qui passe dans la rue pour finir sa boucle est totalement vide. Juste à côté, on trouve le DANCE O MAT qu’on avait vu dans le reportage de Canal : il suffit de mettre 2$ dans la machine à laver reconvertie en ampli, d’y brancher son iPhone et on peut bouger son corps sur le dancefloor sous les 4 haut-parleurs et la boule à facette, let’s have fun !!



On continue de longer la rivière Avon jusqu’au Bridge of Remembrance en empruntant une rue désespérément déserte où l’on ne trouve qu’immeubles abandonnés ou en travaux, personne sur les trottoirs et pas une voiture sur la chaussée ! Je rappelle qu’on est samedi est qu’on est à 200 m de Cathedral Square, le centre “théorique“ de la ville. On a vraiment l’impression d’être dans une ville fantôme : on marche au milieu de la rue, les feux tricolores clignotent à l’orange et les nuages bas grisâtres n’améliorent pas l’atmosphère. La ville aime les graffitis géants (peut-être en réaction au drame) et c’est tant mieux car cela donne un peu de couleurs à ces rues tristounettes.






On passe rapidement devant le mémorial en l’honneur du droit de vote des femmes établi en 1898 (avant-gardiste la NZ !!) et le Christchurch Art Gallery (aussi en travaux) pour trouver enfin un peu de vie au nouveau quartier re:START. Comme son nom l’indique, la ville a voulu insuffler un vent de renouveau aux commerces du centre ville en utilisant des dizaines de conteneurs assemblés et repeints qui accueillent des boutiques de fringues, de bouffe ou de souvenirs.






Située à 80 km de Christchurch sur la Péninsule de Banks, on prendra la route pour rejoindre Akaroa, une ancienne colonie française créée en 1838 par un capitaine de baleiniers, Jean-François Langlois qui acheta les terres aux Maoris contre 1000 francs !! Mais avant d’arriver dans ce petit de village d’à peine 600 habitants, on profite de notre passage dans la région viticole de French Farm pour faire une petite dégustation. Et pour accompagner le vin, on s’arrête quelques km avant à Barrys Bay pour acheter du fromage directement chez le producteur. Un régal…







Malgré les nuages, on découvre un village très mignon avec de vieilles maisons en bois coloré alignées dans les rues au nom français comme Rue Jolie, Rue Lavaud… L’endroit est clairement touristique et vit principalement de ses croisières pour observer les dauphins au large de la baie,  notamment le Hector’s Dolphin, race endémique en NZ. Sachant qu’on les verrait sûrement ailleurs durant notre road trip, on s’est contenté d’un blue cod fish & chips et d’une petite marche digestive avant de reprendre notre chemin vers le Sud. Il s’est enfin arrêté de pleuvoir…


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